Facebook et son ami qui vient de Moscou

Ami vaut mieux qu’argent. Iouri Milner, lui, possède les deux. Ce Russe, encore inconnu il y a trois ans, s’apprête à toucher le jackpot grâce à Facebook, le réseau social aux 901 millions d’utilisateurs. La plus importante introduction en Bourse de l’histoire d’Internet devrait rapporter à son fonds, Digital Sky Technologies Global, la modique somme de 4,6 milliards de dollars. Pas mal pour un ancien étudiant en physique des particules qui, à la fin des années 1980, livrait des ordinateurs dans toute la capitale russe pour quelques milliers de roubles.

De l’université de Moscou à la reprise d’une fabrique de macaronis, l’homme au crâne dégarni et au regard sombre a gravi bien vite les échelons du succès. Jusqu’à ce coup de maître, digne des grands joueurs d’échecs, un jeu qu’il affectionne. A force de persuasion, il a réussi à convaincre Mark Zuckerberg, le PDG et cofondateur de Facebook, de le laisser investir, dès 2009, dans sa start-up. « Je peux vous assurer que ce n’était pas chose facile. Son fonds était alors inconnu dans la Silicon Valley, il n’est pas américain, et d’autres prétendants se bousculaient au portillon », note un connaisseur. Sa première tentative s’est d’ailleurs soldée par un échec. L’ancien directeur financier du réseau social, Yu Gideon, l’éconduit poliment. Epaulé par Alexander Tamas, un ancien de la banque d’affaires Goldman Sachs, Milner saute aussitôt dans un avion pour se rendre à Palo Alto. Sa ténacité va porter ses fruits. Au bout de plusieurs mois de négociation intense, DST Global parvient à prendre 2 % de l’entreprise pour 200 millions de dollars.

Une telle mise détonne dans le petit milieu des affaires. « Beaucoup de dirigeants des grands fonds américains ont pensé qu’il était fou. Aujourd’hui, tous ont changé d’avis », raconte Sebastian Siemiatkowski, PDG du service de paiement électronique Klarna, dans lequel Iouri Milner a pris aussi une participation. La transaction valorise alors Facebook à un prix stratosphérique, soit 10 milliards de dollars. Surtout, le Russe ne demande rien en retour. Ni siège au conseil d’administration ni actions préférentielles. « Il a été très intelligent, estime Loïc Le Meur, organisateur de l’événement annuel LeWeb, à Paris. C’est un personnage discret, qui investit très tard dans des sociétés à forte croissance afin de minimiser la prise de risque. Quitte à payer un ticket d’entrée élevé. »

Des millions d’amis et une place dans la Silicon Valley

Pour parvenir à ses fins, Milner a mis au point une tactique risquée, qu’il répétera plus tard, mais qui se révèle payante. De San Francisco, ce taiseux – soucieux de maîtriser son image – explique au téléphone comment il a joué et gagné. En deux temps. Il a d’abord proposé aux salariés d’acheter une partie de leurs titres, leur permettant d’engranger rapidement de l’argent, jusqu’à 1 million de dollars. Il s’est ensuite appuyé sur son expérience passée en tant que PDG pour convaincre Mark Zuckerberg. « Iouri comprend les entrepreneurs, il n’agit pas en simple banquier », précise Sebastian Siemiatkowski. Milner a longtemps dirigé Mail.ru. La société, dont il vient de quitter la présidence au mois de mars, possède une longue expérience des réseaux sociaux au travers d’Odnoklassniki et Moi Mir (sans compter une participation de 40 % dans VKontakte). Autrement dit, les trois plus grands concurrents de Facebook en Russie.

Facebook : le plus grand réseau social

Date de création: Février 2004.

Chiffre d’affaires: 2011 3,7 milliards de dollars.

Bénéfice net: 1 milliard de dollars.

Salariés: 3 539.

Plus grand réseau social au monde avec 901 millions d’utilisateurs actifs. S’il était un pays, ce serait le troisième au monde après la Chine et l’Inde.

Nombre de photos téléchargées par jour: 300 millions.

Chaque utilisateur compte en moyenne 130 amis.

En finançant la star de Menlo Park, sa réputation s’étend aux Etats-Unis. A mesure que l’entreprise gagne des amis par millions, lui s’invite au capital d’autres stars montantes du Web américain, à coups de centaines de millions de dollars. Du spécialiste des jeux communautaires Zynga au site de coupons de réduction Groupon, du service de micro-blogging Twitter au réseau professionnel LinkedIn, tous lui ouvrent leurs portes. Le Russe se fait rapidement un nom aux Etats-Unis. Avant lui, un seul fonds étranger était parvenu à cet exploit : le japonais Soft-Bank, présidé par Masayoshi Son. L’actionnaire de Yahoo!, du site de courtage ETrade et du service de vidéo Ustream a fait fureur au début des années 2000, mais il a depuis réduit sa voilure pour se recentrer sur le marché nippon. Tout l’inverse de DST.

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Mark Zuckerberg, l’homme qui a hissé Facebook jusqu’à Wall Street

 
Raphaële Karayan 
-publié le 17/05/2012 à 11:25

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Facebook entre en Bourse ce vendredi. Mark Zuckerberg deviendra l’heureux patron d’une société cotée pesant une centaine de milliards de dollars. Et il porte toujours ses sweat-shirts à capuche. Portrait d’un jeune ambitieux qui n’a pas froid aux yeux.

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Excentrique, brillant et arrogantExcentrique, brillant et arrogant

Mark Zuckerberg s’initie à la programmation informatique à 11 ans. Il est encore au lycée quand Microsoft et AOL proposent de lui acheter une de ses créations, un programme permettant de deviner les souhaits d’écoute musicale, du style du système « Genius » lancé par Apple pour sa boutique en ligne iTunes. Il refuse et entre à Harvard, où à 19 ans il lance TheFacebook, un trombinoscope en ligne qui deviendra Facebook. « La fortune sourit aux audacieux », affiche-t-il comme une emblème sur sa page Facebook. Né d’un père dentiste et d’une mère psychiatre, il est décrit dans le film « The Social Network » comme un être maladroit, arrogant et plutôt asocial. Aujourd’hui, il vit avec Priscilla Chan, médecin rencontrée en 2003. Pour converser avec sa belle-famille, il s’est mis au chinois en 2010. Parmi ses excentricités, il a décidé en 2011 qu’il ne mangerait de la viande que s’il avait lui-même tué l’animal.

Crédit photo : REUTERS/Brian Snyder

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Facebook gonfle encore son introduction en bourse record

Deux jours avant les premières cotations attendues des actions Facebook, le géant des réseaux communautaires sur internet continue à tenir en haleine les investisseurs en annonçant une augmentation de 25% du nombre de titres qui seront offerts à la vente.

Facebook a indiqué mercredi dans un nouveau document boursier que plus de 421 millions d’actions seraient mises sur le marché, au lieu de plus de 337 millions jusqu’à présent. En cas de demande vraiment très forte, le nombre total de titres mis en vente dépasserait 484 millions.

Cette annonce intervient au lendemain du relèvement de la fourchette de prix des actions de 28-35 dollars à 34-38 dollars. Le total des fonds levés à la fois par l’entreprise et ses actionnaires pourrait donc atteindre jusqu’à 18,4 milliards de dollars. Le prix définitif, ultime étape de la marche vers l’entrée en Bourse, doit être annoncé jeudi, au terme d’un processus que l’analyste Michael Pachter, chez Wedbush Securities, a déjà qualifié de « comédie » tant il était prévisible que l’entreprise réaliserait une bien plus grosse opération que ce qui avait été annoncé il y a deux semaines à peine.

En l’absence d’explication de Facebook mercredi sur l’augmentation du nombre de titres vendus, l’analyste Lou Kerner, fondateur du fonds Social Interner Fund, a assuré que le site internet et ses banquiers avaient décidé de débloquer des parts supplémentaires en raison de « la très forte demande des investisseurs ».

« La demande des investisseurs institutionnels américains a été bonne, mais la demande des consommateurs et à l’international a été écrasante », assure-t-il à l’AFP, en rendant compte de ses conversations avec des financiers travaillant à l’opération. « Quand la demande est très forte ce n’est pas inhabituel à la fois de relever le prix et le nombre de titres » proposés, ajoute-t-il.

En tout état de cause, cette décision ne fait que gonfler encore l’ampleur d’une opération qui est déjà de toute façon la plus grosse entrée en Bourse pour une entreprise de la net-économie, bien au-delà de Google en 2004, et qui se place dans le peloton de tête tous secteurs confondus. Pour autant, Facebook ne va pas récupérer plus d’argent: la jeune société californienne ne met toujours sur le marché que 180 millions d’actions (hors option de surallocation), pour des recettes moyennes attendues de 6,4 milliards de dollars.

Tout le surplus de titres vient donc des actionnaires actuels. « L’entreprise est satisfaite des fonds qu’elle lève, et les actionnaires actuels qui ne veulent pas voir leurs actions immobilisées durant les six prochains mois ont l’occasion d’accroître leurs liquidités », explique M. Kerner.

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Etes-vous fait pour devenir actionnaire de Facebook?

La société Facebook va être introduite au Nasdaq vendredi 18 mai, et mettre 421 millions d’actions sur le marché à un prix compris entre 34 et 38 dollars. De nombreux analystes doutent de la rentabilité. Mais si, comme 51% des Américains, vous estimez que l’action Facebook est un bon investissement, voici ce qu’il faut savoir avant de devenir actionnaire.

Peut-on encore souscrire à l’opération?

La réponse est non, à quelques rares exceptions. « Cette introduction ne peut pas être souscrite par des clients particuliers en France. Aussi, pour les clients désireux d’investir dans cette société, la seule solution sera d’acheter des titres sur le marché, une fois l’introduction réalisée », indique Isabelle Falloux, responsable Epargne chez BNP Paribas.

Les investisseurs institutionnels et les fonds d’investissement américains ont en effet réservé quasiment tous les titres. Selon Cédric Chaboud, gérant de la société de gestion de patrimoine SPGP, la part hors Etats-Unis serait seulement d’environ 20%.

Il y a bien une part réservée aux particuliers, qui s’élèverait quand même selon le New York Times à 20 ou 25% du flottant. Les courtiers eTrade, TD Ameritrade et Fidelity font partie des sociétés partenaires de l’opération, qui pourront proposer à leurs clients de souscrire à l’introduction en Bourse. Si vous êtes client, vous pouvez donc tenter votre chance. Mais c’est une niche, qui s’adresse aux plus fortunés des épargnants. « Chez eTrade, il y a beaucoup de semi-pros : des anciens traders, des gens fortunés… Les particuliers ne pourront placer un ordre que s’ils disposent de 500.000 à 700.000 dollars sur leur compte et qu’ils ont passé une trentaine d’ordres dans l’année. Ce n’est pas du tout monsieur et madame Toutlemonde », explique Cédric Chaboud. Et encore, même ces clients là n’ont aucune garantie d’être servis.

Pierre-Antoine Dusoulier, président de Saxo Banque, confirme. « Nous sommes clients de JP Morgan, donc peut-être que nous aurons une allocation pour nos clients. Mais nous ne le saurons qu’au dernier moment. Ce sont seulement nos meilleurs clients qui pourront en bénéficier. Pour schématiser, ceux qui font vraiment du trading et qui possèdent un compte d’au moins 500.000 euros pour cela. Nous les appellerons directement pour leur proposer. »

Il y a un dernier moyen de participer quand même à l’introduction : en souscrivant des parts dans un fonds spécialisé. SPGP a lancé une Sicav dont la spécificité est d’investir dans les IPO, et dont le ticket d’entrée s’élève à 1000 euros. Elle devrait investir dans Facebook 1 à 2 % de son portefeuille, à condition que le prix définitif de l’action ne dépasse pas 36,5 dollars.

N’importe qui peut-il acheter et vendre des actions Facebook une fois le titre coté?

Oui, en passant par son courtier ou sa banque habituels, et en les plaçant dans un compte titres. Il faut simplement garder à l’esprit, comme l’expliquait Les Echos en février, que ce type de transactions peut être un peu plus onéreux que pour des titres de la zone euro. La commission est plus élevée, et il faut compter avec le change puisque Facebook est coté en dollars.

Pourra-t-on investir dans Facebook via des Sicav, des fonds communs de placement…?

Certainement, car les valeurs techniques sont aujourd’hui recherchées par les investisseurs et car Facebook est une entreprise de croissance, leader sur son marché. « Le titre Facebook pourra bien entendu être acheté par des fonds technologiques ou autres en fonction de l’opinion des analystes de marché et gérants d’OPCVM, comme n’importe quelle autre valeur », précise Isabelle Falloux.

Cependant, gare au miroir aux alouettes des fonds sectoriels, avertit Cédric Chabaud. « Aujourd’hui les gens se réfugient dans les technologies, mais les rotations sont de plus en plus rapides et les retournements de plus en plus violents. Pour un particulier, prendre un pari sur un secteur est très compliqué. Il vaut mieux investir dans des Sicav diversifiées. »

Quand faut-il acheter ?

Dans la mesure où la demande est supérieure à l’offre, où les petits institutionnels et les particuliers ne seront pas servis lors de la souscription, il « va y avoir une énorme frustration », estime Cédric Chaboud, qui va soutenir la demande lors des premiers échanges. C’est justement là qu’il faut éviter de se précipiter. Il y a aussi tous les fonds qui font de la gestion indicielle qui vont acquérir des titres car Facebook va devenir une composante forte dans l’indice Nasdaq et dans les indices technologiques. Mécaniquement, tout cela va faire monter le cours de l’action, et augmenter la volatilité car les spéculateurs vont en profiter pour prendre leurs bénéfices dans les premières heures.

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Facebook: un chiffre d’affaires minuscule en France

Le réseau social et ses 901 millions d’amis ne fait pas d’étincelles en Europe si l’on en croit des documents financiers déposés en Angleterre. En 2010 quand la société de Mark Zuckerberg affichait un chiffre d’affaires mondial de 1,97 milliard de dollars, la France et le Royaume-Uni déclaraient ensemble 19,2 millions d’euros (24,3 millions de dollars) pour un million d’euros de bénéfices. Les deux pays qui comptaient alors 81 salariés, dont 14 en France, consolidaient leurs résultats et ne pesaient que pour 1,2% de l’activité mondiale de l’entreprise de Menlo Park.

Une performance d’autant plus étrange que Facebook affirme dans son prospectus d’introduction en bourse qu’en 2010, 38% de son chiffre d’affaires provenait de l’international soit, 748 millions de dollars. Contactée à ce sujet, la société n’a pas souhaité faire de commentaires avant son entrée au Nasdaq prévue dans les prochains jours.


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Les ventes de mobiles reculent malgré le boom des smartphones

Le nombre de téléphones portables vendus dans le monde au premier trimestre a chuté de 2%, une première depuis 2009, mais dans le même temps les ventes de smartphones, ces nouveaux téléphones intelligents, ont bondi de 44,7%, selon une étude du cabinet Gartner publiée mercredi.

Globalement, les ventes de mobiles ont atteint 419,1 millions d’unités au premier trimestre, soit une baisse de 2% sur un an. Une chute qui n’était plus intervenue depuis le second trimestre de 2009. « Ce déclin des ventes de mobiles est due à un ralentissement de la demande dans la région Asie-Pacifique », indique l’analyste Anshul Gupta, ajoutant que « le premier trimestre, traditionnellement le meilleur en Asie grâce au nouvel an chinois, avait vu peu de lancement de nouveaux produits par les grands équipementiers, et les usagers préfèrent attendre l’arrivée des smartphones dernières générations plus tard dans l’année ».

Pour Gartner, « les smartphones tirent la croissance du marché mobile, permettant d’atteindre le chiffre de 144,4 millions d’unités au premier trimestre, soit une hausse de près de 45%. En termes de vente de mobiles, le coréen Samsung détrône le finlandais Nokia à la première place mondiale, qu’il occupait pourtant depuis 1998, en vendant 86,5 millions de portables (+25,9%), contre 83,1 (-22,7%) pour son concurrent.

Samsung reprend également la tête du classement des ventes de smartphones devant Apple en vendant 38 millions de ces téléphones intelligents dans le monde. De plus, les ventes de smartphones Samsung équipés d’Android représentent plus de 40% des ventes de téléphones sous Android, alors qu’aucun autre fabricant ne détient plus de 10% de ce marché, souligne l’étude.

Apple qui se place en troisième position des vendeurs de téléphones dans le monde a vu ses ventes quasiment doubler sur un an à 33,1 millions d’unités « tiré par le succès continu de son dernier modèle de téléphone l’iPhone 4S », selon Gartner.

Les ventes d’Apple ont été particulièrement fortes en Chine, avec 5 millions d’unités vendues au premier trimestre, devient le second marché de la firme à la pomme après les Etats-Unis.

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Facebook: le nombre de titres offerts augmente de 25%

Sur son site communautaire, Facebook a annoncé ce mercredi un relèvement de 25% du nombre d’actions proposées à la vente lors de son entrée en Bourse vendredi. Une augmentation qui pourrait lui permettre d’engranger 16 milliards de dollars.

Dans un nouveau document boursier le géant des réseaux sociaux a annoncé qu’il allait mettre sur le marché plus de 421 millions d’actions au lieu de plus de 337 millions jusqu’à présent. Il y aurait également une possibilité que le nombre total de titres mis en vente dépasse 484 millions en cas de forte demande des investisseurs.

Facebook n’a fourni aucune explication sur l’augmentation du nombre de titres mis en vente, qui reposera uniquement sur l’apport supplémentaire au marché de titres détenus actuellement par des actionnaires. Cela signifie que l’entreprise elle-même ne met toujours sur le marché que 180 millions d’actions (hors option de surallocation), pour des recettes attendues de 6,4 milliards de dollars, au prix médian de la nouvelle fourchette annoncée mardi (de 34 à 38 dollars).

En outre, elle aurait réduit le nombre de titres supplémentaires qu’elle se prépare à mettre elle-même en vente en cas de surallocation, passé de quelque 6 à 3 millions d’actions. Mais les actionnaires actuels pourraient en revanche mettre sur le marché non plus 44,5 millions d’actions supplémentaires, mais 60 millions.

Bon nombre d’analystes avaient évoqué mardi l’énorme demande des investisseurs pour les titres de l’un des groupes phares de l’internet mondial, qui compte plus de 900 millions d’utilisateurs. Mais si certains s’attendent à ce que cette demande pousse l’entreprise à relever le prix de son action au-delà de la fourchette annoncée, ils n’avaient pas évoqué la perspective d’une augmentation du nombre de titres offerts.

La valorisation annoncée par l’entreprise devrait atteindre au moins 85 milliards de dollars, et jusqu’à 104 milliards de dollars à terme, une fois pris en compte l’exercice de tous les stocks options.

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Facebook, une bonne affaire ? Pas si sûr

Facebook est assurément parti pour gagner de l’argent pour de longues années, mais cela ne suffit pas nécessairement à en faire une bonne affaire pour les investisseurs qui voudraient parier en Bourse à partir de la fin de semaine. Certes, la demande des investisseurs est tellement forte que, à court terme du moins, il y a vraisemblablement une bonne affaire à réaliser. Mais de nombreux analystes ont leurs doutes sur la performance de la jeune entreprise californienne, même ceux qui estiment que l’action de Facebook vaut plus encore que les 34 à 38 dollars que pourraient coûter les actions au moment des premières cotations.

Des multiples beaucoup plus élevés que la moyenne

Cette valorisation, qui revient à une capitalisation pouvant atteindre jusqu’à 104 milliards de dollars une fois prises en compte toutes les stock options, a de quoi donner le vertige: elle représente plus de 60 fois les bénéfices attendus cette année, et 40 fois ceux qui sont espérés pour 2013. En moyenne les valeurs cotées sur le marché électronique Nasdaq, où s’échangeront les actions Facebook sous le sigle FB, ont une valorisation représentant moins de 20 fois leur bénéfice, le multiple atteignant 18,5 pour Google, le gros concurrent le plus direct de Facebook.

En outre les derniers résultats financiers font état d’un ralentissement de la croissance des recettes publicitaires, de coûts en hausse, et d’une médiocre monétisation de l’internet mobile, par lequel transite une part croissante du trafic du site.

« Il est vraiment très vraisemblable que l’entreprise soit surévaluée », note l’analyste Rick Summer, du cabinet Morningstar, qui pense que sa vraie valeur ne dépasse guère les 32 dollars par action. Mais comme le note Virginie Lazès, directrice associée à la banque d’affaires Bryan Garnier, « c’est une intro de place, c’est-à-dire l’intro où il faut être, ça fait chic pour les investisseurs et ça fait chic pour Facebook ».

Plusieurs années avant de justifier sa capitalisation

Reste que « parfois, les attentes dépassent les fondamentaux », s’inquiète Trip Chowdhry, de Global Equities Research. « Les recettes par utilisateurs (..) sont très basses », note-t-il. Tout dépend si l’on croit à la promesse à long terme que Facebook restera à côté, voire au-delà de Google comme pouvoir dominant sur la publicité en ligne, et qu’il gardera le contrôle sur les donnnées personnelles de ses utilisateurs, extrêmement précieuses pour les annonceurs. « Est-ce que ce n’est qu’une mode passagère, ou une tendance » à long terme, demande M. Chowdhry.

Selon lui, cela pourrait prendre plusieurs années avant que Facebook justifie sa capitalisation actuelle: les recettes ont des chances de progresser rapidement avec la publicité en ligne, mais pas les bénéfices, estime-t-il. Car Facebook doit encore faire d’énormes investissements: en personnel, en équipement, en immobilier – et en acquisitions, comme celle de la startup de photos Instagram, où travaillent 14 personnes qui rejoindront le réseau social moyennant 1 milliard de dollars.

A long terme cela dit, les doutes s’estompent. « Si Facebook peut vraiment toucher un milliard d’internautes dans le monde, cela devient une plateforme publicitaire extrêmement précieuse », note Rick Summer.

Pas une bonne affaire pour les petits porteurs

Pour les petits porteurs, la question est celle de la rentabilité à moyen terme. Le réseau professionnel LinkedIn a vu son action bondir de 18% en un an, mais d’autres valeurs internet, comme les jeux Zynga et le spécialiste des bonnes affaires Groupon, sont bien au-dessous de leur prix d’introduction.

Virginie Lazès estime que Facebook pourrait prendre 5 à 10% en un an, ce qui est déjà appréciable pour une jeune société qui débute son existence boursière avec un capitalisation déjà gigantesque. Mais quitte à investir dans internet, M. Summer recommande plutôt Google, pour lequel il vise un cours de 780 dollars, contre 611 dollars en clôture mardi.

Mardi, la chaîne financière CNBC a affirmé sur son site internet que Facebook prévoyait d’augmenter la taille de son introduction en Bourse de 85 millions d’actions ce qui pourrait valoriser l’offre jusqu’à 18,5 milliards de dollars, projet qui représenterait une augmentation de 25% de la taille de l’opération par rapport à ce qui était jusqu’alors prévu.

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Cartes prépayées: l’UFC-Que Choisir débouté contre SFR et Bouygues

L’association de consommateurs UFC-Que choisir a perdu mardi les procès qu’elle avait engagés contre les cartes prépayées de SFR et Bouygues Telecom dont elle dénonçait des clauses abusives. Dans deux jugements distincts, la 1ère chambre civile du tribunal de grande instance de Paris a « débouté » l’Union fédérale des consommateurs.

L’association avait assigné les deux opérateurs, considérant notamment que les clauses limitant la durée de validité du crédit de consommation des cartes prépayées qu’ils commercialisaient étaient « abusives et/ou illicites ». « La critique », écrit le tribunal, « porte sur l’adéquation entre le prix et le service offert, ce qui échappe au champ d’application des dispositions relatives aux clauses abusives ». En outre, remarque-t-il, les éléments fournis par UFC-Que choisir ne peuvent « suffire à fonder le constat d’un déséquilibre significatif » au détriment du consommateur.

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Free Mobile, le succès commercial qui bouleverse aussi l’ADSL

Free, Orange, SFR et Bouygues Telecom ont tous annoncé leurs résultats au titre du premier trimestre, ce qui permet de faire un bilan des gagnants et des perdants sur la période.

Mobile : 4% de part de marché en 80 jours

Free Mobile a recruté 2,61 millions abonnés au 31 mars 2012. Le nouvel opérateur a ainsi atteint 4% de part de marché en seulement 80 jours. Une performance, qui donne des ailes à Xavier Niel. Il a confié à Challenges viser 10 à 20 millions d’abonnés à terme.

Le mobile a généré 97,5 millions d’euros de chiffre d’affaires pour Free au premier trimestre, dont 11,5 millions d’euros liés à la vente de terminaux. On ne connaît pas la répartition chiffrée des abonnements, Free se contentant de préciser que les recrutements « se répartissent de manière équilibrée entre les deux forfaits », à deux euros et à 19,99 euros par mois, ainsi qu’entre nouveaux venus et clients déjà possesseurs d’une Freebox, qui profitent de réductions tarifaires. La percée de Free s’est forcément faite au détriment de ses concurrents. Au moins pour moitié, puisque environ 50% des clients Free Mobile ont demandé la portabilité de leur numéro. Orange, en particulier, a vu 800 000 de ses clients mobiles partir chez Free. L’opérateur numéro un a perdu 615.000 abonnés net au premier trimestre. Au 31 mars, Orange comptait 26,475 millions de clients, soit un peu plus de 40% de part de marché.

Ces chiffres expriment bien les pertes nettes des opérateurs, pour les clients forfaits + prépayé. Les entreprises préfèrent communiquer sur les seuls abonnés (forfaits), ce qui en apparence embellit leurs résultats (-210 000 pour Bouygues, -274 000 pour SFR). Or, il est clair que Free Mobile tape dans les parcs prépayés de ses concurrents avec son forfait à 2 euros (0 euro si le client est aussi abonné ADSL).

SFR, qui a limogé il y a quelques semaines son PDG, remplacé par Michel Combes, et annoncé qu’il baissait une nouvelle fois ses tarifs pour contrer Free Mobile, a perdu 620.000 clients nets sur les trois premiers mois de l’année, ce qui est énorme au regard de sa part de marché. L’opérateur compte 20,843 millions de clients, ce qui correspond à près de 32% de part de marché.

Bouygues Telecom a perdu 379.000 clients mobiles au premier trimestre.

Les MVNO, quant à eux, ont perdu 89 000 clients sur l’autel de Free Mobile et leur part de marché a reculé à 11,1% sur les trois premiers mois de l’année. Cette tendance est confirmée par le premier d’entre eux, Virgin Mobile, qui perdu 24 000 clients en début d’année.

ADSL : un nouvel abonné sur deux part chez Free

L’autre bonne nouvelle, pour Free, ce sont ses 5,04 millions d’abonnés haut débit. Son offre mobile lui a permis de recruter davantage dans l’ADSL : Free déclare avoir réalisé plus de 50% des recrutements entre janvier et mars. C’est son meilleur trimestre. Cela lui a permis d’augmenter le chiffre d’affaires de ses activités dans le fixe de 9,8%. En valeur absolue, Free a recruté 191 000 nouveaux abonnés nets sur la période. Sur un an, la base de clients haut débit de Free a progressé de 379 000 abonnés.

Orange, dont la base clients totalise 9,671 millions de clients, a recruté 73 000 abonnés nets (19% des recrutements), tandis que SFR a perdu 25 000 abonnés. Il n’avait plus subi de perte nette depuis 2008, indique Les Echos. A fin mars, son parc haut débit s’élève à 4,994 millions de clients, derrière Free. SFR est le seul opérateur à enregistrer une perte nette d’abonnés. Bouygues Télécom signe un gain net de 88 000 abonnés, ce qui lui permet d’atteindre un parc de 1,3 million de clients.

Réseau mobile: la polémique se calme

Où en est le réseau de Free ? Selon les mesures de l’ANFR, il est en mesure de couvrir 31% de la population mais la majeure partie des communications dépend encore de l’itinérance avec Orange. Des problèmes techniques demeurent mais sont beaucoup moins fréquents.

Maxime Lombardini, le directeur général de Free, a expliqué que la croissance dans l’ADSL permettait « de dégager du cash flow pour investir et avoir un réseau performant à la fois sur le fixe et sur le mobile ». Rappelons que Free a dégagé plus de 39% de marge sur son activité ADSL en 2010.

Emploi: les ajustements viendront plus tard

Pour l’instant, on ne sent pas encore les conséquences négatives sur l’emploi de l’arrivée de Free Mobile dans le secteur, prédites autant par l’Arcep que par les syndicats. Le bilan serait même positif, les effectifs de Free ayant augmenté de 1500 salariés en France ces douze derniers mois, a indiqué le groupe.

En revanche, jusqu’à 500 postes pourraient être supprimés chez SFR d’ici à la fin de l’année.

Stéphane Richard, le PDG d’Orange, confirme que la situation est difficile mais réfute dans une lettre aux salariés, consultée par La Tribune, que l’emploi sera la variable d’ajustement.

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